TERRITOIRE INTIME

Un territoire, tout comme un savoir, c’est le résultat d’une expérience. Au début, on ne sait pas. On n’a pas de territoire. Grâce à l’expérience des choses et des contenus, on va poser des jalons, et ces jalons marquent déjà des frontières : ils rythment la constitution d’un territoire. C’est l’émergence de nos matières d’expression (c’est-à-dire de nos qualités propres) qui va définir notre territoire.Gilles Deleuze

Idée, missions, objectifs et publics


L'IDEE


"Il est temps de planter des livres" Richard Brautigan, Plant this book, 1968.



Service socio-culturel à la personne en milieu rural, Les Ecriculteurs proposent, en coordination avec des services sociaux (CCAS, hôpitaux, associations...) et culturels (Mediathèques, bibliothèques...) du territoire, • d’apporter un choix de livres, de magazines et d’imprimés aux personnes isolées, • de créer à ce moment un temps de lecture et en retour, un temps d'échanges au travers d’une écoute régulière, • de mettre en valeur, selon l’envie de chacun, les récits et parcours de vie des personnes visitées lors d’une restitution publique par la diffusion (blog), l’exposition (expositions de photographies) et l’édition (livres).



Des livres qui roulent,

Le réseau de bibliothèques et de médiathèques est assez dense sur le territoire et ce service public cherche à se rapprocher de plus en plus de la population, par exemple grâce à des points d'arrêt de bibliobus, ou à des services de portage de livres à domicile mais limités aux centres des villages de quelque importance qui sont équipés d'une bibliothèque. Les personnes qui sont trop isolées géographiquement ou qui ne peuvent pas se déplacer ne peuvent donc pas en bénéficier. Malheureusement, la majorité des bibliothèques de villages sont tenues par des bénévoles et les collectivités n'ont pas les moyens de prendre en compte la partie de la population qui n'a pas accès à ces services. 

Des initiatives existent pour pallier à ce manque et apporter des livres jusqu'au domicile des personnes concernées, mais il s'agit de services de vente ou de bouquinerie ambulante, ce qui peut exclure certaines personnes, par manque de moyens financiers par exemple. 

Cependant, dans un territoire rural de montagne et dans le domaine culturel, l'itinérance apparaît effectivement comme un moyen efficace de répondre aux spécificités du territoire tout en facilitant l'accès à l'offre culturelle. 
En s'appuyant sur ces constats et en allant au-delà de ce qui existe déjà, les Ecriculteurs proposent un service gratuit de portage de livres à domicile, qui s'appuie sur le réseau des bibliothèques haut-alpines et qui font le lien avec les personnes qui ne peuvent pas s'y rendre. 

Comme le confirment les résultats d'une enquête de l'INSEE (Isolement relationnel et mal-être, Jean-Louis Pan Ké Shon, 2004), "deux groupes sociaux sont particulièrement touchés [par l'isolement relationnel] : les personnes âgées et les personnes socialement défavorisées, en particulier les titulaires de faibles revenus et les non-diplômés. À l’isolement, peut s’ajouter un certain mal-être. Ainsi, une personne isolée sur quatre éprouve un sentiment de solitude ou d’ennui, contre une personne non isolée sur dix. Ces personnes, cumulant isolement relationnel et mal-être, sont donc particulièrement fragiles sur le plan psychologique et social."
C'est pourquoi les Ecriculteurs, lors de la phase de repérage des personnes isolées menée en collaboration étroite avec les communes et les services sociaux, ont porté une attention toute particulière aux personnes âgées et aux personnes en état de souffrance psychique. En effet, l'isolement engendre souvent un sentiment de solitude et de souffrance qui peut éventuellement conduire à une dépression clinique.

Selon la définition de l'OMS, la souffrance psychique "est un état de mal-être qui n’est pas forcément révélateur d’une pathologie ou d’un trouble mental." 
C'est donc un état intermédiaire, assez peu pris en charge, et qui peut conduire à des troubles plus graves. Pour ces personnes, comme pour les personnes âgées ou les personnes qui n'ont plus de vie sociale ou qui se trouvent en situation d'isolement quel qu'il soit, les Ecriculteurs visent à redonner du sens, à recréer du lien, à construire collectivement des objets culturels (livres, expositions...), à renforcer le sentiment d'appartenance à une communauté à travers le partage d'activités culturelles (lecture, écriture, photographie, échanges de récits de vie, partage de connaissances sur le territoire...), et ainsi à donner plus de cohésion au territoire d'intervention, en favorisant les rencontres entre les habitants, en encourageant la mixité sociale et en fédérant des personnes et des institutions d'horizons très différents autour d'un projet culturel commun. 

...véhiculent du lien social...
Au cours du vingtième siècle, les politiques pour une meilleure accessibilité de la culture se sont multipliées (décentralisation, scènes nationales, médiation...) et un intérêt a été marqué pour les pratiques culturelles des classes populaires. Aujourd'hui, les politiques socioculturelles ont tendance à prendre le relais face aux multiples facteurs sociaux qui peuvent creuser un écart entre une partie de la population et une offre culturelle.

Ainsi, d'après Jean-Louis Genard, "pour "raccrocher" les 40% de la population francophone qualifiée de "désengagée culturelle", la politique doit surtout envisager la contribution de la culture au lien social et à la lutte contre l'isolement" (étude de l'Observatoire des politiques culturelles présentée le 4 décembre 2012 à Bruxelles). Par exemple, pour rompre l'isolement culturel des seniors, de nombreuses actions autour de la lecture ont été soutenues, mais s'adressant presque toujours aux personnes déjà prises en charge par des structures (maisons de retraite...).
En allant dans ce sens, mais en voulant aller plus loin à la fois dans la lutte contre l'isolement (notre projet s'adresse à des personnes vivant seules et ne bénéficiant pas des animations de maisons de retraite par exemple), et dans la contribution au lien social (notre projet ne s'adresse pas uniquement aux personnes âgées mais à toutes les personnes isolées, ce qui peut contribuer à rétablir des liens inter-générationnels), les Ecriculteurs font des livres et de la culture un vecteur de lien social tout en impliquant activement les personnes dans ce projet participatif afin de rétablir leur intérêt pour les pratiques culturelles.

Les Ecriculteurs proposent de relier à nouveau l’individu isolé au corps social en apportant, au-delà du réconfort d’une visite régulière autour de la lecture, l’adhésion à un projet identifié dans le temps et valorisant les parcours de vie. Cet échange indique à la personne qu’un intérêt particulier lui est porté et que son expérience peut en retour intéresser autrui. C'est donc un espace de partage, une réalisation commune et une mise en commun de richesses humaines parfois marginalisées, c'est un pas vers un "vivre ensemble" où chacun a sa place, la reconnaissance des autres et de la curiosité pour autrui. A travers les restitutions de cette expérience, les Ecriculteurs contribuent à l'enrichissement d'une identité territoriale commune et à son appropriation par chacun.


...cultivent l’imaginaire et...
L’isolement, social ou géographique, résulte en partie d’une perte d’adhésion au schéma imaginaire collectif. Les personnes isolées n’imaginent plus faire partie du projet social qui les entoure car il sollicite de moins en moins leur propre imaginaire. Parfois, même, il leur est confisqué. En effet, il faut une interaction avec un groupe pour contribuer à la représentation collective de la réalité :

"La rencontre entre les significations sociales instituées des organisations et les réponses individuelles fait émerger, dans le groupe, un contenu imaginaire spécifique. Cette rencontre préside à la mobilisation chez chacun de ce qui le fera participer avec d'autres à la formation d'un imaginaire collectif" (Florence Giust-Desprairies, "l'imaginaire collectif ou la construction du monde dans les groupes institués").
Les Ecriculteurs proposent de réalimenter cet imaginaire par le livre, œuvre de tous, et la lecture, bénéfice de chacun. Glaneurs de mots oubliés, reclus, tus, nos visiteurs permettront à ceux-ci d’accéder à une mise en valeur publique et gratifiante, enrichissant à leur tour la mémoire collective. C'est le lien entre toutes ces expériences, ces récits, ces visages, ces objets, ces paysages qui sera donné à voir et à lire dans les restitutions : c'est l'image d'un territoire rural où la population dispersée continue à inventer des sentiers et des passages pour se retrouver, c'est la mise en valeur des paroles de ceux qui parlent peu, c'est le franchissement de cols abrupts rendu possible par une main tendue.

...récoltent pour tous un peu de chacun.
L’isolement d’un seul est la défaite de tous. Sur un territoire commun, donnons-nous la chance de créer un avenir multiple et partagé. C’est l’objectif modeste et ambitieux de notre projet. Les Ecriculteurs sont le fruit d'une collaboration réussie entre de multiples partenaires d'horizons très différents, réunis autour d'une volonté commune d'améliorer la qualité de vie de tous les habitants du territoire.


Les ECRICULTEURS sont conçus comme un service d'aide aux personnes isolées en milieu rural par l'apport de livres et de lecture, le glanage de mots, l'élevage de livres, la restitution par l'édition des récits de vie collectés et l'exposition de photographies et de textes des personnes rencontrées.


MISSIONS et OBJECTIFS

Constat- mission générale
Le but premier du projet est d'aider les personnes isolées. En effet, en milieu rural, l’isolement semble moins présent qu’en milieu urbain si l'on considère que dans un petit village "tout le monde se connaît". Il n’en est rien. Les infrastructures routières incomplètes et soumises aux intempéries, la taille des villages et la raréfaction de leurs habitants permanents, l’éloignement et la concentration des centres urbains départementaux contribuent à la solitude d’une population sans moyens de déplacement, parfois sans lien familial, au revenu faible et aux besoins grandissants. Cette population, qui rajeunit et vieillit à la fois, est en nette augmentation sur le département des Hautes-Alpes. Leur apporter présence et réconfort est la mission première des « Ecriculteurs ».  


Des livres et une présence
Pour cela, la première phase, après le repérage (fait en lien direct avec les communes concernées et divers services sociaux et associations) des personnes isolées qui vont bénéficier du dispositif, consiste en l'apport de livres à domicile. En effet, malgré le réseau important de bibliothèques, certaines personnes n'y ont pas accès pour diverses raisons (éloignement géographique, difficultés à se déplacer, logique d'enfermement due à l'isolement...). Le premier pas et le premier service rendu est donc l'arrivée jusque chez ces personnes de livres. Mais derrière ces livres, il y a aussi une personne, une personne qui a du temps et ne repart pas tout de suite (comme c'est trop souvent le cas dans les services à la personne), une présence humaine, quelqu'un qui est ouvert au dialogue, quelqu'un qui propose des lectures, qui prend le temps d'en discuter, qui écoute aussi, qui s'intéresse aux histoires qu'on peut lui raconter. Et surtout, c'est quelqu'un qui revient, qui reste une deuxième fois pour poursuivre la conversation, pour amener d'autres livres, pour faire d'autres lectures, pour enrichir les thèmes abordés, pour élargir les perspectives culturelles... Et cette personne revient une troisième fois, puis une autre: la confiance s'installe, les langues se délient, les vieux documents sortent des tiroirs, des liens se créent, l'isolement s'amoindrit... 


Du lien et de la culture
De plus, la lutte contre l'isolement s'accompagne aussi d'un projet culturel qui consiste à faire émerger chez les bénéficiaires une pratique culturelle qu'ils n'ont pas forcément grâce à l'apport et à la fréquentation (à travers les lectures effectuées par les visiteurs) d'oeuvres littéraires. Ainsi, profiter d’une venue régulière auprès d’un public identifié par un CCAS, un service hospitalier, un réseau d’aide à la personne pour enrichir un quotidien souvent privé de culture (autre que celle que véhicule la télévision) est la deuxième mission que nous nous donnons. Pour ce faire, nous ferrons fructifier un réseau de relations professionnelles tissé au long des 5 années d’existence des Editions (créées en 2008) en basant notre action sur le cœur de nos compétences : la promotion du livre et de la lecture. Nos liens avec le réseau départemental des bibliothèques rurales géré par la BDP pour le Conseil Général permettra un choix de livres et d’imprimés en relation avec nos objectifs.
En outre, le contact avec les personnes isolées et les échanges verbaux autour des lectures, des oeuvres littéraires et surtout autour des récits de vie de ces personnes, permettront d'identifier des besoins tout en créant du lien. En effet, la régularité des visites et le choix progressif des livres et imprimés par les personnes visitées seront autant de signes qui permettront l’identification de besoins alternatifs et élémentaires. La récolte de mots enfouis, retenus, permettra, au-delà du plaisir ressenti par les personnes racontantes et la confiance progressivement accordée aux glaneurs, la mise en lumière d’éventuels problèmes sociaux, médicaux, comportementaux… Le lien constant avec les services sociaux et médicaux permettra de restituer ces informations de façon directe et productive.

Restitution
Enfin, la dernière phase du projet consiste à montrer les résultats de cette expérience et à valoriser les rencontres avec les personnes isolées à travers des livres et des expositions, qui seront un nouveau moment de rencontres et de partages autour d'une expérience collective (les bénéficiaires qui ne peuvent se déplacer seront bien sûr accompagnés pour pouvoir participer à ces évènements). C'est alors encore une manière de lutter contre l’isolement par la restitution publique et la mise en commun des portraits et récits des personnes isolées qui formeront désormais un collectif, non seulement sur le papier, mais aussi en se rencontrant entre elles lors de ces manifestations. 



PUBLICS

Personnes âgées

« La vieillesse en tant que destin biologique est une réalité, il n’en reste pas moins que ce destin est vécu de manière variable selon le contexte social: le sens ou le non-sens que revêt la vieillesse au sein d’une société mettent celle-ci tout entière en question, puisque au travers elle, se dévoilent le sens et le non-sens de toute vie antérieure. »
Simone de Beauvoir, 1970

Si pour certains, l'âge de la retraite est synonyme de libération, pour d'autres, fragilisés ou mal préparés, il peut favoriser l'isolement. Et l'isolement social des personnes âgées contribue fortement au risque de leur perte d'autonomie.
L’exclusion des personnes âgées s’explique par une fragilisation de leur statut, une détérioration du lien social, la perte de leur place du fait de leur grand âge. Ce phénomène risque de s’amplifier dans les années à venir compte tenu du vieillissement de la population française, des situations socio-économiques et des modes de vie. (dispersion géographique des familles). Fragilisés, les retraités isolés sont plus difficiles à « repérer » et donc à aider.
D'autant plus que,d'après un récent sondage, 90 % des français souhaitent rester chez eux le plus longtemps possible... Par conséquent, outre le bouche à oreille et le réseau des professions libérales (médecins, infirmières, kinésithérapeutes...), Les Ecriculteurs sont  des partenaires privilégiés des administrations en place.

Les CLIC.
Les Centres locaux d’information et de coordination gérontologique (CLIC) sont des lieux d’accueil, de conseil et d’orientation pour les plus de 60 ans, leurs proches (famille, voisins, amis…) et les professionnels de santé. Ils vous informent gratuitement sur tous les domaines qui concernent les seniors : maintien à domicile, structures d’accueil, activités et loisirs… Les conseillers des Clic vous aident à monter un dossier pour percevoir l’allocation personnalisée d’autonomie, à trouver les moyens de transport les mieux adaptés pour faire vos courses…
Par ailleurs, on sait qu'une présence quotidienne, quelques heures par jour, peut être assurée auprès de la personne âgée par une auxiliaire de vie ou une aide ménagère.
L'aide ménagère assiste la personne âgée dont les moyens sont limités : son salaire est en partie pris en charge par les services sociaux ou la caisse de retraite complémentaire.
L'auxiliaire de vie est rémunérée directement par la personne âgée par l'intermédiaire d'une association ou d'une entreprise proposant des services d'aide à domicile.
Les CCAS et les associations proposant des services d'aide à domicile vont également être des partenaires privilégiés pour Les Ecriculteurs.

Les CCAS
Les centres communaux d’action sociale (CCAS) animent une action générale de prévention et de développement social dans les communes en liaison avec les institutions publiques et privées. Les CCAS sont à l’initiative d’un ensemble de dispositifs dans les domaines de l’habitat, de la vie sociale et de la solidarité, de l’autonomie et de la mobilité. Les centres communaux sont également les principaux gestionnaires de logements-foyers pour personnes âgées.
Les associations proposant des services d'aide à domicile sont listées en annexe, pour un rayon d'environ 60 kilomètres autour de Gap.
Cependant, lorsque la personne âgée ne veut plus, ou ne peut plus vivre à son domicile, elle peut être accueillie dans une structure qui lui propose une prise en charge complète et un environnement rassurant. 
Ce sont les EPHAD (établissements d'hébergement pour personnes dépendantes), les MAPAD (maisons de retraite médicalisées), les MARPA (dans les communes de moins de 2000 habitants) et les logements-foyers.


Personnes en situation de handicap psychique 
ou de fragilité mentale.
Si certaines maladies sont bien identifiées, comme la dépression, la schizophrénie, d'autres -troubles bipolaires, maladies liées à l'alcoolisme...- semblent quasiment ignorées alors qu'elles figurent parmi les maladies physiques et mentales les plus courantes. Pour beaucoup, les maladies mentales sont associées à des dénominations négatives ("débile, attardé, aliéné, dément").
Il s'en suit un isolement des personnes atteintes de handicap psychique ou en situation de fragilité. Pour certains, la solitude peut être un état permanent qui entraîne des conséquences sur le long terme. C’est un sentiment continu de marginalisation et d’exclusion, et un déficit de relations intimes.
Les structures les plus à même de palier à cette situation semblent actuellement être les CMP. Les centres médico-psychologiques sont des unités de coordination et d’accueil en milieu ouvert qui organisent des actions de prévention, de diagnostic, de SOINS ambulatoires et d’interventions à domicile.
Le CMP est le premier lieu de référence et d’implantation de l’équipe polyvalente de secteur dans l’arrondissement, la ville, le village, le canton.
Les CMP ont la vocation de travailler en réseau, c’est une condition essentielle pour éviter la création de nouveaux asiles contre lesquels la psychiatrie s’est tant battue. Le secteur de psychiatrie adulte établit des partenariats avec les maisons de retraite, la gérontologie, les généralistes, les médecins du travail, les centres communaux d’action sociale (CCAS), les travailleurs sociaux, les élus, les associations spécialisées dans le soutien aux étrangers…
Par conséquent, les CMP sont des partenaires incontournables pour Les Ecriculteurs.

Personnes en situation de handicap physique
Quelle que soit l'origine du handicap, quel que soit l'âge, quel que soit le milieu socioculturel, la personne handicapée est confrontée tous les matins, chaque jour et plus que nous tous à sa différence, à sa réalité.
Le handicap physique, visible d'emblée, affirme une différence qui peut aboutir à l'exclusion et même entraîner un certain racisme.
Le handicap physique provoque une blessure, une souffrance physique mais aussi morale et éventuellement un sentiment d'injustice. Le regard de l'autre amplifie cette souffrance et, petit à petit, peut provoquer diverses réactions : repli sur soi, isolement, véritable solitude.
Malgré l'évolution des mentalités, la différence est source d'exclusions et de rejet de la part de la société. Le souci de l'accessibilité n'est pas encore un réflexe des promoteurs, des constructeurs et encore moins des transporteurs. Les activités sportives, socioculturelles et de loisirs sélectionnent souvent " l'élite des participants handicapés et se préoccupent peu de ceux pour qui l'intégration pose problème.
C'est pour ces raisons, pour rompre la spirale de l'isolement, pour « apporter à domicile » que le projet Les Ecriculteurs s'est mis en route.
En conséquence, et pour agir au plus juste, les interlocuteurs et partenaires potentiels visés par Les Ecriculteurs sont les instances administratives et les associations spécialisées dans le domaine du handicap.

La Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) est, dans chaque département, le lieu unique d’accueil, d’orientation et de reconnaissance des droits pour les personnes handicapées et leurs familles.
Elle associe : le conseil général, les services de l’État, les organismes de protection sociale et les associations représentant les personnes handicapées. Elle constitue un réseau local d’accès à tous les droits, prestations et aides.
La Maison assure une fonction d’accueil et d’orientation des personnes . Elle peut avoir des antennes relais réparties sur le territoire pour informer les personnes au plus près de leur domicile.
La MDPH peut apporter une aide à la personne, si elle le demande, pour formuler son projet de vie.
Une équipe pluridisciplinaire composée de professionnels aux compétences différentes et complémentaires est chargée d’évaluer les besoins de la personne handicapée à partir notamment de son projet de vie.
La MDPH a également un rôle d’information et de sensibilisation aux enjeux du handicap.
Les antennes sur le territoire de la MDPH sont les MDS (Maisons Des Solidarités)

Les associations spécialisées dans le domaine du handicap sont les autres partenaires avec lesquels Les Ecriculteurs vont pouvoir travailler, que se soit directement pour les régionales, ou pour avoir des conseils pour les autres...

Agnès Cantais, chargée de mission.





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